Lauréats 2009

Prix Annuel

Germaine Comeau
pour son roman Laville
publié aux Éditions Perce-Neige

Germaine Comeau Traductrice et pédagogue de formation, Germaine Comeau signe avec la parution de Laville, un troisième roman résolument ancré dans le 21e siècle. Auteure de pièces de théâtre et de pièces radiophoniques produites par la Société Radio-Canada, elle a marqué la littérature acadienne contemporaine par L’été aux puits secs et Loin de France. Germaine Comeau vit à la Baie Sainte-Marie dans le village de La Butte.

Texte d'appréciation du jury 2009
Laville Après délibérations, le jury a décidé de décerner le Prix Annuel à Laville de Germaine Comeau, auteure de la Baie Sainte-Marie, qui avait déjà donné à la littérature acadienne L’été aux puits secs, ce roman sobre à l’image des passions discrètes d’un milieu rural minoritaire.

Avec Laville, l’auteure souffle sur les braises. L’amour au grand jour plonge ses racines dans un passé florissant, se projette dans l’avenir à grands coups d’espoir. Bref, son présent se réinvente, débarrassé de tout complexe que la peur aurait pu inspirer. Car tout est possible dans Laville de Mme Comeau :

« Partout ailleurs, on enviait Laville comme modèle d’avant-gardisme en matière de conditions de travail. Des firmes d’experts-conseils y avaient étudié, dans ses aspects les plus minutieux, la relation entre les loisirs et le travail. Les grandes entreprises avaient librement emboîté le pas. En offrant des conditions de travail intégrant les loisirs récréatifs et culturels de Laville, elles avaient découvert la clé pour s'attirer les meilleures compétences du monde. Qualité de vie ou argent? Laville avait réussi à marier les deux. Le soutien financier offert par les entreprises aux nombreux artistes de Laville était un appât fort efficace. Ils y étaient très nombreux et leur influence était palpable. »

À l’évidence, avec son Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie, le Mouvement des caisses populaires acadiennes ne renierait guère cette philosophie.

Tout cela en fait existe déjà. Ariane aussi le sait. Ariane, cette acadienne qui, dans le roman, vit à Paris tout en écrivant Laville ce roman dans le roman. Est-ce possible que Laville ne soit rien d'autre que Paris? s’interroge-t-elle.

Germaine Comeau à travers son personnage écrivain, Ariane, rêve d'une ville importante dans les environs de Grand-Pré, sorte de mariage entre la France et une Acadie forte. Une ville avec un Carrefour Beausoleil par exemple dont les cafés auraient pignon sur rue sur le quai du Retour avec des noms aussi évocateurs que Le Gaspareau où on y servirait « des filets de maquereau sauce moutarde servis avec des crosses de violon. » Et les grosses coques! Qu'on se rassure... Le célèbre mollusque aura droit à un traitement de classe dans un grand restaurant de Laville.

Dans Laville, la minorité n'est donc pas acadienne. Elle est représentée par Malvina, cette hongroise, qui a dû fuir son pays pour échapper à la persécution. Malvina a des dons que lui reconnaît la majorité acadienne de Laville : elle sait voir, une faculté que sa vie de souffrances semble lui avoir conférée. Elle devient tantôt confidente et tantôt conseillère. Son rôle est central dans le roman. Au contact de Malvina, les esprits se calment, un recueillement que permet aussi la fréquentation d'un monastère menacé de disparition par une grosse compagnie.

Mais le défaut des compagnies de la périphérie de Laville est moins lié à leur taille qu'à leur capacité d'écoute des plus petits qu'elles auraient tendance à ignorer. Le fait minoritaire, à cet égard, est d’abord celui d'un point de vue plus ou moins entendu. C'est le cas par exemple de ce journaliste international décédé alors qu'il couvrait les activités d'une compagnie venue exploiter une carrière de basalte dans un lieu que la communauté de l’endroit aurait voulu protéger.

En plus d'être politique, le roman de Mme Comeau constitue aussi, à bien des égards, une chronique d'évènements réels qu'une fiction se charge de rassembler en un tout cohérent.

Il y aurait beaucoup à dire aussi sur les rapports qu'entretiennent Ariane et sa mère qui prend la relève de l’écriture de Laville. Cette mère, éduquée par des religieux venus de France, qui permettra l’éclosion d'un destin, un fil, celui d'Ariane donc qui ira dans ce pays des origines, ce lieu de naissance dont la séparation demeure encore sources de nostalgie et de rêve.

À ce titre, le roman de Mme Comeau est aussi habité par la peur et la fragilité : « Dans la profondeur cauchemardesque de mes agitations, j'ai senti que Laville n’existait plus, et ce qui me rendait encore plus triste, c'était l'idée qu'elle n'avait jamais existé ».

Bref, c'est pour la richesse, la profondeur et la sincérité du propos que le jury a voulu souligner la contribution de Laville à la littérature acadienne et décerner le Prix Annuel 2009 à Mme Germaine Comeau.

Prix Volet Jeunesse Richelieu

Pierre-André Doucet
pour sa nouvelle Kilométrage.

Pierre-André Doucet Pierre-André Doucet est pianiste, penseur, bénévole, leader, créateur et communicateur. Publié dans Le Front, La Rumeur, le Times & Transcript, L’Acadie Nouvelle et Le Devoir, il est également reconnu pour ses textes à portée académique, notamment par le Premier prix national au Concours d’essais littéraires du Fonds Jean-Robert Gauthier, en 2006. Il sera le porte-étendard du Canada-Nouveau-Brunswick en littérature lors de la VIe édition des Jeux de la Francophonie qui auront lieu en septembre prochain à Beyrouth, au Liban.

Texte d'appréciation du jury 2009
Les raisons pour lesquelles – malgré les protestations marquées par tes bras flageolants comme des filles saoules émulant des nouilles en dansant – ayant parcouru mille six cent vingt-six kilomètres durant lesquels je me serais confronté plusieurs évidences, je persisterais à pousser (et tenir) ta tête sous l’eau, dans le style des noyades enjouées et éphémères qu’on aurait simulé à Parlee Beach, étant jeunes OU Kilométrage

Kilométrage de Pierre-André Doucet présente d'une manière contemporaine et ambitieuse un voyage de Montréal vers Moncton. La longue route sera l'occasion d'une liaison analysée, la distance physique signalera la distance psychologique. L'éloignement s'accentuera au fil des heures.

Ce texte est réussi, fascinant, intéressant au niveau de la langue, des graphies – un récit fait de presque rien. Mais attention, la route est l'indice du caractère mobile de la réflexion, riche de détails et de jeux d'écriture. Il ira même au-delà du trajet proposé, le but du voyage étant une certaine désillusion sur les apports du lien amical suscité et analysé.

Doucet nous met devant la puissance visuelle du climat hivernal, temps du déplacement devant l'émergence du processus même de l'inconscient à l'oeuvre. Un dialogue appelé par les souvenirs qui défilent au gré du paysage. La formation des rêves voyageurs porte une rupture en acte résultant d'un dialogue avec « soi ». La fin a de quoi surprendre. Et la vie continue, ce voyage n'est qu'un passage vers l'écrit de jeunesse qui évolue.

Le contenu de ce récit est une production d'art. On y trouve un niveau de signification beaucoup plus profond qui s'exprime dans le travail de la distance, du déplacement, du langage. Il exprime une forme symbolique. Ce texte captivant, de la synthèse d'un passé, fait revivre une distance psychologique « à rebours » tout en parcourant la distance physique vers l'amie. Il saisit l'ampleur de la désintégration de la relation - qui a peut-être existée...

Le voyage comme déchirure, la position du sujet change au fil du parcours et change même la destination du parcours. Il est placé au centre du périple, certes, il aiguise ses yeux, ce regard efficace lui fera se connaître radicalement modifié dans son projet de voyage.

Voilà l'écriture manifeste un style personnel qui s'affiche. L'auteur Pierre-André Doucet, riche de promesses, est déjà dans l'atelier du romancier, aventurier de la vie. Cela est évident pour le jury.

Finalistes 2009

Prix Annuel

Marie Cadieux
pour son recueil de nouvelles, Enfance et autres fissures
publié aux Éditions L’Interligne

Marie Cadieux Marie Cadieux, auteure, cinéaste et femme de théâtre s’implique activement dans les milieux culturels associatifs nationaux. Originaire de Moncton, elle a travaillé dans de nombreuses régions au Canada, en Europe et en Afrique. Invitée du Festival littéraire Frye (2009); traductrice de Tempting Providence de Robert Chafe en 2008 pour le Théâtre populaire d’Acadie, l’automne 2009 verra le lancement de son documentaire : Éloge du chiac, Part 2.

Prix Volet Jeunesse Richelieu

Émélie Emmanuelle Caron
pour sa poésie, La fille qui n’était pas faite pour l’amour

Émélie Emmanuelle Caron Émélie Emmanuelle Caron est née à Edmundston en 1987. Bien qu’ayant quitté sa terre d’origine pour étudier le théâtre à l’Université d’Ottawa et pour voyager là où le vent la porte, elle garde toujours le Madawaska dans ses bagages pour le faire découvrir au monde entier. Son histoire d’amour avec la poésie devient sérieuse dès ses 13 ans, avec la découverte d’Emile Nelligan. Elle continue d’écrire depuis.


Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2015
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2014
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2013
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2012
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2011
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2010
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2009
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2008
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2007
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2006
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2005
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2004
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2003
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2002
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2001
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 2000
Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie 1999





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